La cité perdue des NazcaLa civilisation des « Nazca » est restée longtemps totalement inconnue, les seules traces étant les énigmatiques lignes que l'on peut observer dans le désert. Dans les années 80, Giuseppe Orefici – un archéologue italien - et son équipe ont commencé à mettre à jour les secrets d’une civilisation datant de 500 ans avant J-C. Les Nazca, conduits par les prêtres dirigeants, arrivent dans une région relativement fertile, où abondent les rivières et peuplée par des communautés présentes depuis plus de 3500 ans. Les Nazca sont culturellement supérieurs et les conquièrent immédiatement. Ils commencent à construire une cité sacrée, le centre du pouvoir des prêtres, où les pyramides de briques et les spirales abondent. Tout autour, ils tracent des sentiers pour leurs cérémonies religieuses. Dans la première période de leur civilisation, ils dessinent sur des murs inclinés des héros légendaires, leurs pères fondateurs. Dans la seconde partie, d’immenses géoglyphes (lignes tracées dans le désert) prennent la forme de singes, de colibris, de condors où foisonnent les spirales et les élipses. Selon Orefici, les lignes de Nazca représentent les divinités animales du panthéon religieux des Nazcas. Pendant 700 ans, les prêtres Nazca ont fait croître leur cité. Vers 350 avant J-C, de dramatiques événements interviennent ... Un tremblement de terre et une inondation dévastatrice réduisent à néant la cité sacrée. Le peuple Nazca, choqué par ces terribles signes des dieux, abandonne et enfouit la cité, refermant sur elle la porte d’une gigantesque tombe. La cité sacrée doit disparaître à jamais ! Les prêtres survivants offrent des cadeaux pour se concilier la bonne grâce des dieux. Partout ils scellent les temples avec des sacrifices. Giuseppe Orefici a patiemment reconstitué toute cette histoire. Avec l’appui des autorités locales, il a commencé des fouilles et a constitué un extraordinaire musée contenant des reconstructions de parties de l’ancienne cité sacrée avec des rues, des aqueducs, etc. Actuellement, les travaux de réfection redonnent progressivement leurs formes initiales aux anciennes pyramides. Au milieu des objets, ustensiles, statues, bijoux et « antare » (flûtes sacrées en terre), il a mis à jour une tombe contenant des textiles sacrés et datant de 2000 ans ! Plus de 200 vêtements de coton, pour la plupart mesurant près de 4 mètres de long, ont ainsi été découverts, certains étant brodés, d'autres peints. Les dessins représentent le panthéon Nazca, avec des batailles incroyables entre des oiseaux, des poissons et des félins, le tout illustré de manière très moderne. Ces étoffes sont actuellement restaurées et devraient être disponibles dans le musée d’ici deux ans. Mais les découvertes ne s’arrêtent pas là ... Deux nouvelles pyramides ont été mises à jour dont la première mesure 34 mètres de haut et 110 de côté et qui est composée de différentes couches de briques accumulées sur 700 ans. La seconde est plus grande et antérieure à la première et abritait un autel rituel datant de 4280 avant J-C, une période antérieure à l’arrivée des Nazca dans la région (habitée donc par des chasseurs néolithiques) ! Le site regorge encore de trésors. Selon Giuseppe Orefici, il y aurait 34 à 38 pyramides au total. Ces pyramides sont petit à petit mises à jour, permettant de comprendre chaque fois un peu mieux l’énigme des Nazca ... Auteur : Guy Sydor |